Le fonds d’investissement Renew Capital vient de retenir 15 start-up africaines pour intégrer la première édition de son programme « Renew Venture Lab : EmFi Series », consacré à la finance intégrée (embedded finance). Les entreprises ont été sélectionnées parmi plus de 500 candidatures provenant de 48 pays du continent et bénéficieront d’un accompagnement technique ainsi que d’un accès à des opportunités d’investissement.
Les entreprises retenues sont implantées en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Maroc, au Nigeria, au Sénégal, en Afrique du Sud, au Togo, en Ouganda et en Zambie. Elles ont émergé d’un processus de sélection en plusieurs étapes. Après une première présélection de 47 start-up, les candidats ont participé à des sessions de mentorat, de renforcement des capacités et à une compétition de présentation de projets avant la sélection finale.
Cette initiative intervient dans un contexte de regain d’intérêt des investisseurs pour les technologies financières en Afrique. Après deux années de recul, les start-up africaines ont levé près de 3,2 milliards USD en 2025, selon Africa: The Big Deal, soit une hausse de 40 % sur un an. La fintech est restée le premier secteur financé, captant à elle seule 37 % des capitaux levés sur le continent, devant l’énergie et la logistique.
Dans ce paysage, la finance intégrée apparaît comme l’une des nouvelles tendances du secteur. Contrairement aux fintech traditionnelles, ce modèle consiste à intégrer des services financiers (paiements, crédit, assurance ou épargne) directement dans des plateformes numériques déjà utilisées par les entreprises. Des acteurs de la logistique, du commerce, de l’agriculture ou de la santé peuvent ainsi proposer des solutions de financement à leurs clients en s’appuyant sur les données générées par leurs activités, élargissant l’accès au crédit pour des PME souvent peu couvertes par les établissements financiers.
Selon Renew Capital, les petites et moyennes entreprises africaines font face à un déficit de financement estimé à 330 milliards USD par an, alors qu’elles constituent le principal moteur de création d’emplois sur le continent. Dans le même temps, la progression des usages numériques crée un environnement plus favorable au développement de la finance intégrée : l’Afrique demeure le premier marché mondial du mobile money et le taux de pénétration des smartphones en Afrique subsaharienne devrait passer de 54 % en 2024 à 81 % d’ici 2030, facilitant l’accès aux services financiers numériques.

